
N.Lichtig, MON NOM SERA FRANK
Booklet, 32 pages, 15 ×10.5 cm, edition of 5000 copies (some augmented with a unique photograph).
Free distribution during the Biennale de Rennes in 2008. Radio piece, 33’ broadcast in the Rennes metro station (censored after 2 hours of diffusion), 2008.
EN
Created during a residency with Keolis Réseau Star for the Rennes Biennal, MON NOM SERA FRANK is a text and sound work, based on a series of interviews with transport company employees. The recorded conversations, which revolve around work experiences and everyday narratives, have been rewritten entirely in the future tense, shifting them from testimony to fictional projection. This displacement produces a voice that speaks from the threshold between the present and the possible, a voice that anticipates itself, imagines itself, becomes someone else.
“My texts take intimacy as a starting point, but this intimacy undergoes a transformation — it becomes a surface-text without biography, something that can be encountered, received, and inhabited by anyone. My writing is nourished by fragmentation, collage, and transcription. By arranging the interviews I conduct, my texts produce a literal yet displaced account of encounters.
Over time, this way of working has become a methodology that extends throughout most of my practice, including painting. The canvas, much like the text, operates as a site of translation, montage, erasure, and displacement. Fragments of voices, memories, gestures, and encounters circulate across mediums, detached from fixed authorship or narrative origin, becoming shared surfaces of projection and resonance.”
FR
Réalisé dans le cadre d’une résidence avec Keolis Réseau Star pour la Biennale de Rennes, MON NOM SERA FRANK est une œuvre textuelle et sonore fondée sur une série d’entretiens menés auprès d’employé·es de l’entreprise de transport. Les conversations enregistrées, centrées sur des expériences professionnelles et des récits du quotidien, ont été entièrement réécrites au futur. Ce déplacement temporel les fait passer du témoignage à la projection fictionnelle. Il fait émerger une voix située au seuil du présent et du possible, une voix qui s’anticipe elle-même, s’imagine, devient autre.
« Mes textes prennent souvent l’intimité comme point de départ, mais cette intimité subit une transformation : elle devient un texte-surface sans biographie, quelque chose qui peut être rencontré, reçu et habité par n’importe qui. Mon écriture se nourrit de fragmentation, de collage et de transcription. À travers l’agencement des entretiens que je mène, mes textes produisent un récit à la fois littéral et déplacé des rencontres.
Au fil du temps, cette manière de travailler est devenue une méthodologie qui traverse l’ensemble de ma pratique, y compris la peinture. La toile, à l’instar du texte, fonctionne comme un espace de traduction, de montage, d’effacement et de déplacement. Des fragments de voix, de souvenirs, de gestes et de rencontres circulent d’un médium à l’autre, détachés de toute autorité fixe ou origine narrative stable, pour devenir des surfaces partagées de projection et de résonance. »


